25.04.2012
pluie
elle confond sensation et émotion.
j'entends ces mots. technique de la pensée à voix haute. et moi j'écris à voix basse.
j'ai l'oeil droit rouge depuis ce matin. le blanc bleu porcelaine est remplacé par du rose effiloché autour de ma pupille. ce n'est pas assorti à mon mascara noir.
séance photo prévue dans quelques jours. y a-t-il un lien ?
le rideau d'eau qui est tombé aujourd'hui m'a fait regretter les jolies giboulées des derniers jours. j'aime la labilité météorologique.
j'aimais entendre le bruit des gouttes d'eau sur le zinc dans mon premier appartement parisien. je voudrais retrouver cette mélodie céleste et aquatique.
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10.04.2012
M. Guillon, merci.
À la gare, samedi matin, le sac plein de livres sérieux et tristes à lire, pour finir les études. Le moral dans les chaussettes, à cause d'un méchant qui me dénigre et me traite de sales noms d'oiseaux et que je dois endurer parce qu'il détient dans sa main une note qui pèse 3,5 sur l'échelle de coefficients sur un total de 6.
Je traine derrière les mouflets qui veulent des magazines / des jouets / des bonbons / des livres... et surtout pas rester en place.
En bonne position merchandisée, la tronche du gars qui rend son poste radio sur la couverture de son livre "Je me suis bien amusé, merci." Je l'attrape, je lis la 4ème de couverture. Je vais pour le reposer. Je me ravise. Ce mec, là, sur la couverture, c'est peut-être bien lui qui a écrit ce livre, il écrit des sketches... Ce type-là, c'est celui que j'attendais avant 8h. Même s'il faisait parfois grincer des dents à des oreilles trop délicates, moi c'était plus souvent à gorge déployée que s'exprimaient mes feuilles régalées. Je me suis dit, rien que parce que ce type m'a fait rire, je vais acheter son livre, il l'a bien mérité. Ce sera ma contribution à un pouillème de droits d'auteur qu'il touchera.
J'ai commencé à lire à peine les moufflets installés dans le carré. Et j'ai ri. De nouveau. Et là, je dis, monsieur, chapeau ! Et merci. Merci de la part de mes zygomatiques. Est-ce que vous consultez ? Parce que si oui, je prends un abonnement. Un coup de déprime ? Hop, trois phrases bien tournées et je m'esclaffe !
Monsieur Guillon, si vous vous êtes bien amusé, sachez que vous m'amusez encore, et je souhaite que vous poursuiviez ainsi. Mes sincères salutations à votre muse Muriel, parce qu'elle mérite aussi sa part de remerciements.
Merci.
23:25 Publié dans le banal au quotidien, lire, écouter, voir | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : stéphane guillon
06.04.2012
le couteau
Comme de nombreux jeudi, je gare mon vélo près de la grille. Ce jour-ci, un scooter trop encombrant m'a empêchée de mettre le vélo à l'alignement avec les autres cycles. La roue arrière dépassait. Oh, pour deux heures, ça ira. J'ai pris le sac dans la sacoche et je suis allée écouter. C'était intéressant. Le professeur assis au dernier rang m'a emprunté mon canard. J'étais presque devant lui. Derrière moi exactement un type, jeune, à la voix forte, un spécialiste certainement.
Je suis sortie après être allée expliquer une chose toute simple qui dépassait l'entendement de l'oratrice si intéressante. Je discutais avec miss afro, une coupe toute de bouclettes serrées autour de lunettes à monture sombre. J'ai ouvert ma sacoche. Je me suis arrêtée de discuter. Au fond brillait du métal. Un couteau. En inox. Au fond de ma sacoche. J'ai remarqué. J'ai posé mon sac dessus. J'ai poursuivi la discussion jusqu'au carrefour. Je suis allée à mon rendez-vous. J'ai retiré mon sac de la sacoche et j'ai vu de nouveau le couteau. Je l'ai laissé. 4 heures plus tard, j'ai remis mon sac dessus, puis je l'ai retiré. J'ai laissé le couteau passer la nuit à l'abri dans ma sacoche de vélo.
Je ne sais qu'en faire, qu'en penser. J'attends que quelque chose se révèle. Cela fait 24h que ma sacoche de vélo héberge un couteau clandestin. Propre. Tout du moins, nettoyé. Dans la sacoche. De mon vélo. Je suis perplexe.
19:43 Publié dans à bicyclette | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.04.2012
allô karenine ? on a un problème...
discussion. téléphonique. avec une personne chère à mon coeur. qui me dit des choses que j'ai pu entendre. déjà. d'autres fois.
des mots portés par d'autres voix. qui me touchent. à chaque fois. et cette fois plus que tout. ça blesse. je suis blessée. car j'ai blessé.
la monnaie de ma pièce.
j'ai du mal avec les ruptures, les séparations, les fins de non-recevoir.
je sais d'où ça vient. je me souviens. trauma d'enfance. oui. je m'en souviens encore tellement bien. ce n'était pas hier. c'est toujours présent. et ça esclandre dedans.
pas une histoire de cicatrice à rouvrir. plutôt une plaie béante, supurante, saignante dans laquelle certain saupoudre du sel, certaine de l'alcool, d'autres du vitriol. j'ai mal, je souffre, je me tais. mon espoir s'amenuise avec le temps qui passe, celui de ne plus répéter ce genre de situation.
six pieds sous terre, j'irai discuter avec les vers de terre de ces apsects délétères.
aviez-vous un soupçon du mal que vous faisiez ce jour où vous avez décidé de me priver ainsi ? aviez-vous une idée de la grenade à déflagration que vous mettiez en moi ? aviez-vous une idée que les répercussions s'entendraient encore 30 ans plus tard ?
les gosses sont cruels entre eux.
plus qu'on imagine.
j'aimerais me souvenir de vous pour pouvoir vous haïr. je ne peux pas. vous avez été effacés. et pourtant, ce n'est pas de l'indifférence. je vous déteste pour m'avoir rendue ainsi. car je pense que je suis devenue celle qui suscite ce genre de réaction à cause de vous. et c'est seulement ce soir que je viens de la comprendre. je regrette. d'avoir tant tardé à piger. d'avoir gâché. je regrette le mal que j'ai fait. même si c'était par ignorance. je regrette. et d'en pleurer encore.
23:11 Publié dans goût amer, le banal au quotidien | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.03.2012
de l'autre côté de la grille
la grille dont je décroche mon vélo, cette grille métallique qui restreint l'accès à un gros caisson duquel il ne faut pas trop s'approcher, et surtout pas avec des articles magnétiques, cette même grille permet au gazon d'être vert. je décroche le vélo, je relève la tête et là je vois, sur les fines branches qui ne se comptent pas sur les doigts de ma main gauche, des fleurs blanches qui éclosent. C'est la dernière fois que je viens ici avant... je ne connais pas ma date de retour. Je m'en vais donc. L'arbre a fleuri. je ne verrai pas les feuilles pousser. cet arbre dont les fleurs viennent avant les feuilles. malgré moi me viennent tous les magnolias chers à mon coeur. L'immense arbre qui portait ses fleurs jusqu'à la fenêtre de ma chambre d'étudiante de moins de 20 ans. L'image et les mots de celui de KiMs. La musique Moderato Cantabile de ma découverte de cet écrivain par ce professeur. À cette liste je peux ajouter celui-là, le jeune magnolia derrière la grille peinte en blanc.
00:53 Publié dans le banal au quotidien | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.03.2012
rosa rosam rosas
Elle(s) cherche(nt) le bonheur.
Cela fait 8 ans qu'elles se sont rencontrées. Elles ont exactement 8 ans d'écart. Il y a 30 ans, lorsque l'une naissait, l'autre jouait dans la cour de l'école élémentaire à chuchoter sur les garçons du fond de la classe tout en sautant sur un élastique tendu.
En 8 ans, l'une a bourlingué son petit bonhomme de chemin. Un homme est resté, des enfants sont nés, une maison s'est installée, une réorientation s'est envisagée, de l'eau sous les ponts a coulé.
En 8 ans, l'autre a viré son homme, en a connu foultitude d'autres, a marié et divorcé bon nombre de ses meilleures amies, a accepté d'être la marraine du fils de celle qui, contre toute attente, a changé de vie du tout au tout, a intégré un grand groupe international et mène une vie worldwide entre aéroports et réunions high level dans les plus grandes capitales, a acheté et revendu et racheté dans l'immobilier, s'est morfondue d'amour éperdu pour des ratés qu'elle n'a pas pu éviter, a décidé de se réorienter, de changer de métier, de voie, de vie, et c'est maintenant. Les dossiers, elle les aligne et les envoie, elle veut que ça change, elle veut se plaire, elle veut plaire, elle veut s'aimer pour ce qu'elle fait, elle veut être aimée pour ce qu'elle est.
Un texto. Tu connais une certaine Rosa ? J'en connais une, oui, elle travaille pour xxx et habite pas très loin de l'écluse. Oui, c'est bien celle-là, elle te connait, mon homme l'a croisée l'autre soir, autour d'un verre au comptoir de son repaire. Rien d'étonnant, depuis l'ouverture de ce lieu, elle y drague, s'y fait draguer, elle y boit, se fait voir, si on la cherche un soir, passez d'abord là-haut. L'annonce vient après : Elle va se faire opérer des seins dans six semaines.
Elle n'en a pas besoin. Elle est belle. Elle s'abime, alcool, cigarette, autres substances. Elle est profil mannequin. Pour pousser la ressemblance elle va siliconer ses seins. Et toute la ville le sait.
Rosa, le bonheur n'est pas là.
23:18 Publié dans iL&eLLe&eLLe&iL, le banal au quotidien | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.03.2012
la joie
envole la nounou de ta fille à l'autre bout de la planète.
ramène-la pour les fêtes de fin d'année. juste avant l'envol back.
retour encore, 2 mois plus tard.
ouvre la porte d'entrée le lendemain de l'atterissage de l'oiseau de métal.
et écoute.
écoute le cri de celle à qui elle a tant manqué.
de la joie.
à l'état brut.
laisse les savourer leurs retrouvailles sur le bord du canal.
et garde bien au chaud ce cri de joie, ce cri du coeur, ce cri d'amour, couve-le d'un sourire.
22:27 Publié dans le banal au quotidien | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.02.2012
parce que... miaou... (clin d'oeil)
1 Un super pouvoir ? L'ubiquité. Pouvoir vivre plusieurs vies simultanément tout en étant une. Être plusieurs et la même. Mon rêve.
2 Une phrase que tu n'as jamais osé dire ? mon inconscient est bien trop indiscipliné pour ça.
3 Une grosse honte ? Ma mère. Un jour. Pas qu'un seul.
4 Un tic de langage qui t'exaspère ? Au jour d'aujourd'hui.
5 Un gros mot ? Tous ceux qu'un certain énamouré aurait aimé m'entendre prononcer.
6 Une réplique de film ? Mais moi, les dingue j'les soigne. J'm'en vais lui faire une ordonnance, et une sévère ! J'vais lui montrer qui c'est Raoûl. Aux quatre coins de Paris qu'on va le retrouver, éparpillé par petits bouts, façon puzzle. Moi quand on m'en fait trop, j'correctionne plus, j'dynamite, j'disperse, j'ventile...
7 Une technique de drague vraiment zarbi ? Faire la cour.
8 Une destination de rêve ? De l'eau, de l'iode, du sel, du sable, des vagues, une planche. De la neige, du soleil, des sommets. Du bitume, des montées, des virages, des paysages. Une seule destination ?
9 Ton pseudo de hardeur/se (ton deuxième prénom + le nom de ton premier animal de compagnie) ? Peekaboo, non ? Marie Réglisse.
10 Cigale ou fourmi ? Fourmi, toute petite fourmi. En voie de simplification pour l'essentiel.
11 Ton idéal masculin / féminin ? Cette femme aux cheveux bleus rencontrée dans une des deux chambres de bonne où elle vivait avec son amoureux, avec son bébé tout nouveau, tout beau, et la révélation : il est possible d'être mère et d'être soi aussi. Merci. Je le lui ai déjà dit, elle m'a permis beaucoup.
18:15 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
11.02.2012
c'est ballot.
j'ai donné le vélo pour installation d'un porte moufflet à l'arrière.
j'ai récupéré mon vélo sans installation du porte moufllet au dessus de la roue arrière, pour cause d'incompatibilité, plus technique que d'humeur de ce que m'a dit le gars qui s'en est occupé.
Il a eu la gentillesse de remettre la fixation qui me permet de fixer le siège pour bébé, siège petit pour petit-lion qui grandit, forcément, c'est un enfant.
Il a eu l'absence d'esprit de remettre la fixation dans le bon sens.
Je dis absence d'esprit pour du bon sens, mais il s'agit peut-être d'une blague. J'ai toujours des doutes quant à mon sens de l'humour, et à ma perception de celui des autres.
Bref. Il me faut une clé alène de gros calibre.
19:48 Publié dans à bicyclette | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
03.02.2012
ce jour...
l'horloge affiche le double 00 deux fois.
Il y a 6 ans, c'était aussi entre un jeudi et un vendredi.
Je ne savais pas, je m'en doutais un peu, mais on ne sait jamais quand ça va arriver, on ne sait jamais quand ça arrive, ce qui arrive. Cet irrémédiable envisagé mais imprévisible à tout jamais. Et même après, on se demande comment est-ce arrivé ?
Un coup de fil peu avant midi.
Quelques mots ici, peu après minuit.
Cette absence définitive. Cette présence qui n'était depuis des années que lointaine. Entre la présence imperceptible et l'absence radicale, avant que cela n'arrive, je me disais que la différence n'était pas grande, qu'est-ce que cela change ? Dans les faits pas grand chose. Il y avait de rares appels, je ne sais même pas s'il y en avait. Je n'appelais plus depuis plus de 15 ans. Et si nous nous disions bonjour au téléphone, nous avions tellement peu à échanger que nous écourtions rapidement, pour le soulagement de ne pas entendre le rire sardonique du silence installé sur le fil téléphonique. Nous nous voyions, rarement. Et peu. Les La's chantent There she goes.
J'ai envie de crier where did you go ?
There she goes again.
Where you went you'll never come back.
Je ne savais pas que cela me manquerait autant.
L'absence prend plus d'importance que la présence. Sometimes.
Today is gonna be the day... I'm remembering you.
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