24.01.2012

plaisirs simples

rentrer trempée comme une soupe. miyou maman ? il pleut ? oui, oui.

faire griller la viande. gouter le cru débouché, carafer.

deux assiettes, un verre à partager, pour une bouteille.

un peu tard, seule, penser à ce qu'il faut faire. lave-linge-sèche-linge-lave-vaisselle- siroter le fond de la bouteille, penser à elle, celle qui faudrait appeler, mais on ne sait pas quand c'est le bon moment, et se dire en sifflant la dernière goutte du verre : MAINTENANT ! au pire, laisser un message sur le répondeur. tomber sur elle, entendre son rire, le même qu'il y a 20 ans, flash-back, rien n'a changé, rire ensemble, elle boit aussi, à distance, une dispute d'un couple qui se réconciliera, des projets, un week-end de filles sur la capitale, une fiesta au bord de la mer, des journées à la neige, tout ça tout ça, mais surtout rire et se resservir de concert.

plus de batterie. fin de conversation. je regarde l'écran. 53 minutes. depuis quand ?

les amis de tes vingt ans, c'est un bien si précieux.

19.01.2012

1223 : je critique pas... je dis.

je dis que les critiques oublient souvent que l'art est difficile.

il dit que sans eux, sans eux qui mouillent leur chemise, eux qui sont derrière le piano chaque soir jusque tard, eux qui triment et prennent des risques, ces critiques n'auraient pas de quoi critiquer. "En gros, ils oublient un peu rapidement que c'est nous qui leur donnons de quoi travailler, parce que si on ne crée rien, qu'écriront-ils ?"

il raconte que certains auraient demandé le remboursement de leur place de cinéma, déçu du film golden globisé. je pense que si tu ne veux pas aller à la découverte et prendre le risque d'être déçu ou celui d'être surpris, tourne le film que tu as envie de voir. peut-être que d'autres seront agréablement surpris... ou déçus.

je pense que ceux qui écrivent parce qu'ils savent manier les mots et ne font que blesser devraient arrêter leurs tentatives de rendre les autres aussi malheureux qu'eux.

je pense à Francine, l'aïeule, qui disait "je critique pas... je dis."

 

 

Et... j'ai des sueurs froides quand j'entends la taxe sur les chiens de race non maggyar. Où sont cachés mes exemplaires de matin brun de pavlov ?

18.01.2012

taille 34 ?

il me répète "t'es maigre." je ne sais pas, je ne me vois pas. ni maigre, ni grosse. je ne sais pas. bon, je perds mes pantalons. ok. il y a une ceinture. ça bouffonne autour de la taille. ça va pas durer. le temps de me remettre. c'est que ça crève, ces trucs-là. t'en oublie même de manger. t'as envie de rien. même, et surtout !, de pas être là. ailleurs. dans un autre corps. qui ne sue pas. qui ne tremble pas. qui ne s'affaisse pas à la moindre tentative de rejoindre la position verticale. alors manger ou boire, tu vois, le cadet de mes soucis.

j'ai repris goût à la vie. un matin de cette semaine. il y avait une envie de café en terrasse qui clignait de l'oeil dans le ciel bleuté. il y avait ce rendez-vous pris près du jardin dans la cour, un arbre en pot portait encore ses paillettes de Noël. il y a eu ce petit verre de chardonnay pour accompagner l'assiette et nourrir la discussion. il y a eu cet air dans les rayons et ce vent frais sur le nez. il y avait ce printemps qui bourgeonnait à la place de ce truc inside me. j'ai poussé la porte du magasin. j'ai demandé. en soldes. non. il ne me reste plus que du 34. laissez tomber, c'est pas pour moi, je vais me vexer quand ma cuisse va rester coincée à mi hauteur. après tergiversations, je tente. le vendeur me dit : on parie ? je lance un "j'aime pas perdre" je le soupçonne de savoir que cette marque taille grand, d'avoir modifié l'étiquette pour flatter certaines clientes, ou d'avoir remarqué comme je flotte un peu aux entournures de tous mes vêtements.

je suis entrée dans le 34. fillette. j'en suis sortie aussi. parce que c'est pas le tout, de l'enfiler.

j'ai maigri. beaucoup. ce pantalon sera celui du début d'année 2012. je n'ai pas perdu la vie. je veux garder tous mes os aussi.

16.01.2012

Le Tigre

Appel aux lecteurs du Tigre (et aux autres)

Mis en ligne le mercredi 14 décembre 2011.

 

 

Cela fait six ans que Le Tigre existe. Aujourd’hui, Le Tigre doit se tourner vers ses lecteurs ou vers quiconque voulant soutenir une presse différente. Le choix du passage à un magazine mensuel de 84 pages couleur avec un prix de vente relativement faible eu égard au coût de fabrication aurait impli­qué, pour être viable, que nos ventes aug­mentent par rapport aux années précé­dentes, ce qui n’a pas été le cas.
Actuellement, 90% des recettes du Tigre proviennent de ses ventes, les 10% restants émanant de subventions publiques (aide aux revues de la Région Île-de-France et du Centre national du livre). Journal sans publicité, sans mécène et sans fortune personnelle (loto, héritage), ces trois « sans » étant revendiqués, Le Tigre ne compte que sur ses lecteurs.

Pour combler le trou qui s’est creusé et notamment payer son imprimeur chez qui il a, comme la Grèce, une dette conséquente, Le Tigre doit réunir 20000 euros.
Le Tigre lance donc un appel à ses lecteurs, amis et futurs lecteurs — et ce d’autant plus qu’avec ce format magazine, Le Tigre a trouvé une périodicité, une équipe et des manières de raconter le monde lui donnant envie de continuer l’aventure. 

Merci de faire circuler ce message.

Le Tigre


http://www.le-tigre.net/

15.01.2012

informers

la phrase résume à elle seule tout le film : "si je n'ai personne pour me dire ce qui est bien, ce qui est mal, comment je vais faire ?"

mes études m'empêchent de voir autre chose qu'une lapidaire définition d'un état limite. riche.

13.01.2012

quand je serai vieille...

je regretterai ce temps où les enfants accourent, se pendent à mes jambes, à mon cou, je regretterai ce petit bras passé autour de mon cou, la tête posée sur mon torse, et le poids de l'endormissement qui affaisse le petit corps sur le mien, je regretterai les demandes répétées et incessantes, je regretterai les bisous un peu mouillés et ces joues si rebondies, ces ventres qui tressaillent sous les poutous, ces cochons pendus acrobates que j'envoie valser sous les lustres, et ces petites mains qui s'accrochent, les pieds ballants sur mes épaules, cette petite main pataude et chaude dans ma vieille main ridée et décharnée.

10.01.2012

euh....?

Il me manque des neurones pour méditer cette phrase...

J'ai écrit : "Or, je sais qu'il n'existe pas de session de rattrapage." La réponse donnée est la suivante :

Contrairement à ce que vous dites, il y a une session de rattrapage (c'est une deuxième session qui n'existe pas).

après, on s'étonne que certains s'énervent.

09.01.2012

l'autruche

c'est la 3ème fois qu'il me demande si c'est lié à mon passé de fumeuse. et tu as demandé si ça avait un rapport avec la cigarette ?

une petite fois de trop, l'intonation qui s'insinue, et qui vrille. si je réponds que non, je n'ai pas demandé. que non, je ne sais pas si c'est lié à toutes les tiges que j'ai fumées, à toute cette nicotine que j'ai inhalée, délicieusement, chaque jour, chaque soir, chaque nuit, chaque matin, pendant des semaines, des mois, des années... que non, le lien n'est pas causal. si je réponds encore une fois ça, la question va revenir, de la même façon lancinante, agaçante, énervante. alors je m'énerve. je crie. c'est raté. j'ai oublié que mes cordes vocales sont restées dans les quintes de toux de l'après-midi, gisantes sur l'oreiller dressé pour ne pas m'allonger si je m'assoupis. d'un filet de voix rauque, je lui dis. oui, ça a un rapport, voilà. non, ça n'en a pas. voilà. je te dis oui, pour que tu sois satisfait et que tu puisses dire "tabac pouah pouah pouah !!!" ça te confortera dans tes positions binaires, je te dis non, parce que j'en sais rien, parce que j'ai pas posé la question, parce qu'on ne peut pas répondre à la question à moins d'être normand de pure souche, parce que S. elle est morte d'un cancer du poumon en moins d'un an sans avoir jamais tiré une taffe de sa vie, et que d'autres mourront les poumons goudronnés saturés noircis, le clope cendreux posé sur le mouton, le sourire aux lèvres d'avoir rencontré la mort.

j'en sais rien. comme je ne veux pas savoir pourquoi moi maintenant je suis confrontée à ça. autruche, moi ?

03.01.2012

cadeau !

j'adore ma belle-soeur pour une seule raison (pour le reste, ce n'est pas exactement le terme approprié) :

elle offre toujours des cadeaux d'anniversaire à son frère dont il se tape le coquillard et que moi j'écoute en boucle.

rien n'est jamais complètement pourri chez un être humain.

02.01.2012

no mood tonight

je n'aurais pas dû écouter ce disque. je n'aurais pas dû soupirer. je n'aurais pas dû y penser.

c'est fait.

soupirer, serrer son coeur, ourler les paupières, lutter contre l'afflux.

non.

redresser les épaules, reserrer les omoplates, ouvrir le coeur, élargir le diaphragme, souffler, lentement, lentement.

et sourire.

voilà. c'est fait.