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19.05.2008

black mood

J’ai des hauts et des super bas, des trucs down down down, Pas d’issue, pas de sortie, impasse, de toutes façons à quoi ça sert tout ça ?à quoi bon, hein ? Pas bien, non je ne suis pas bien, je sais ce que je suis en train de faire, là, au moins j’ai réussi à identifier, je sabote, je ne vais pas bien, et je fais tout pour me détester, me rendre détestable, et trouver pénibles les gens qui ne voient pas combien je suis mauvaise et nulle et… je me vois agir, je ne peux pas m’en empêcher, je voudrais que c’est pas possible, je n’arrive pas à me souvenir de quoi nous avons parlé, ce que nous avons évoqué, ce qui a déclenché ce truc, je peux juste le dater, mardi soir, tard, après c’était noir.
A côté de ça, il y a des moments super, des trucs qui me font plaisir, des instants de douce félicité, de joie et de bonne humeur, d’émotions agréables, et puis, je ne sais pas à quoi ça tient, ça part, et le black mood revient, et s’abat sur moi.
Je pars très tard pour aller travailler, sur le quai de métro, je me mets à pleurer parce que j’ai oublié un truc aussi con que mes tickets resto, et je décide de retourner à la maison, du coup, je prépare un déjeuner pour pique-nique home made sur l’herbe du square de la défense, j’avais pas le temps, alors, un peu plus un peu moins, qui fera la différence ? j’étais en retard, maintenant je prends le temps, de toute façon, je suis en retard, j’arrive juste avant que ma collègue parte déjeuner, à midi et quart, elle me dit, ben c’est à c’t’heure-là qu’on arrive ? et s’empresse d’ajouter, ouh là, t’as des yeux, t’as pas dormi assez cette nuit ou bien ? ou bien…
ou bien justement, j’ai dormi cette nuit, dans ce lit où je dors si bien, toujours pas de rêves dans mes souvenirs au réveil, quelque chose m’empêche de m’en souvenir, peut-être la même chose qui m’empêche de savoir ce qui s’est passé qui me fiche dans cet état, je suis é-pui-sée, je dors, je fais du sport, et pourtant, je suis un zombie, une fatigue psychique qui me plombe, tout, j’ai beau tenter son remplacement par de la fatigue physique, rien n’y fait. J’ai peur, j’ai ouvert une porte, et j’ai pas envie d’aller voir plus loin, je panique, je m’enfonce, et je bousille tout pour que tout le monde arrive à la même conclusion, celle qui me conviendrait bien, car je pourrais clamer « vous voyez, j’avais raison ! » je suis nulle, j’ai toujours été nulle, et enfin, tout le monde est d’accord sur ce point.
Merde, j’ai pas toujours été comme ça, et je n’aime pas être comme ça, les pulsions destructrices chez moi tournent à l’auto destruction, je devrais me remettre à la boxe, ça m’aiderait peut-être un peu à dépasser, à exorciser ces brutes qui me malmènent, ces brutes épaisses en moi, que j’héberge, que je déteste, que je soigne, que j’encourage, que j’abhorre, un vrai truc à devenir fou, à se taper la tête contre les murs.
Et puis, parfois de vraies bouffées d’oxygène, des moments hors de ces temps tumultueux, des parenthèses enchantées, et enchanteresses, je veux plus de ça, vade retro les mauvaises ondes, revenez les bonnes connexions neuronales, la chimie naturelle, inside, egomorphine, qui fait du bien au moral, please, me laissez pas m’enfoncer dans ces marais nauséabonds, et puis, je coule, je descends, parfois très vite, parfois par grade, step by step, et avant de toucher le fond, une impulsion, deux trois mouvements, je me débats à peine, je remonte à la lumière, je reprends du soleil, de la vie, de l’air. Faut-il que j’aille toucher le fin fond pour en sortir ? je ne veux pas, non, ça fait trop mal, je veux faire autrement, m’en sortir différemment, une croix ça se mérite disait-il sur la scène de l’olympia, hum, j’en veux pas de sa croix, surtout pas gravée au fer dans la chair, j’en veux pas, ça se mérite, très bien, tu l’as, je ne t’envie pas, je ne veux pas de croix, je ne veux pas souffrir, pas autant, pas de nouveau, je peux faire autrement, j’en suis sure, sortir de là, accepter d’ouvrir la porte en grand, constater qu’il n’y a pas grand-chose derrière, surtout dans la lumière, ne pas avoir peur, éclairer la caverne, vider le débarras, tous ces trucs entassés ici bas, allez ! ouste, dehors !

Et recommencer à savourer la douceur de vivre…

 

 

No comment