23.04.2009

le soleil sur le couvre-lit

Le soleil inondait la chambre. Les rayons à peine filtrés par le voile du rideau. La lumière était blanche. La chaleur sur son dos, la chaleur en elle, tout rayonnait, tout brûlait doucement, tendrement. Elle soupirait dans les franges du couvre-lit, elle ressentait les ondes, elle  attendait le prochain coup de rein, avec impatience et retenue. Des soupirs s'exhalaient. La morsure du soleil à travers le rideau, l'empreinte des mailles sur sa peau. Elle jouissait.

 

Elle écouta l'eau qui coulait dans la salle de bains. Elle tricotait du bout des doigts les franges du couvre-lit, allanguie, profitant du soleil encore un instant. Elle pensait à leurs premières fois, leurs premiers rendez-vous réguliers, ce jour où elle ne travaillait pas, cet après-midi où ils se retrouvaient après le déjeuner, dans cette pièce, sur ce lit, sous ce soleil, semaine après semaine. Elle avait retrouvé aujourd'hui ce qu'elle croyait englouti dans la nostalgie. Tant de temps avait passé. Tant de temps.

 

Il a rejoignit, les cheveux encore humides. Il la caressa, leurs regards se croisèrent, ils se sourirent avec les yeux. Sa bouche à lui restait un peu crispée sur un sourire qu'il aurait voulu plus détendu et sincère.

Elle dit, à voix basse, réconfortante : je ne vais pas m'attarder, je claque la porte en partant. Vas-y.

 

Ils ne savaient pas si prochaine fois il y aurait.

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