30.06.2009
à l'ouest
à l'ouest, il fait beau,
à l'ouest, il fait bon,
à l'ouest, j'y suis bien.
cette maison, la même, toujours la même. Le mitigeur installé dans la toute petite baignoire il y a deux ans semble toujuors aussi anachronique. le lavabo a deux robinets, l'un pour l'eau froide, l'autre pour l'eau chaude. dans le placard à balais du bas, il reste cette tapisserie à grosse fleurs beiges sur fond bleu marine, j'y voyais des animaux, terribles, menaçants. Ce papier peint jaune trop récent, je ne m'y habitue pas. Il reste deux chambres avec leur papier peint d'origine, pourvu qu'il reste un peu plus longtemps. Les portes qui se ferment, les mêmes récalcitrantes, le clic de la porte du sous-sol, l'étau toujours en place, inutilisé depuis la mort de l'aïeul, bientôt trente ans. Quand on rentre de la plage, il faut aller mettre la chaudière en route, c'est pour faire des économies de fuel, et sous l'évier on trouve le seau rouge, pour le compost, au fond du jardin. Les arbres sont trop hauts maintenant, même des chambres du haut, on ne peut plus voir la mer. Un jour, un jour, on en coupera certains.
la petite crique, la même, toujours la même. Il n'y a plus de bigorneaux, les moules ont chassé les berniques, il y a toujours des algues, il y a davantage de mouettes à tête noire, qui rient , sans parvenir à effrayer les cormorans établis sur la vache noire. Je n'ai jamais autant de jours d'affilée vu aussi nettement cette île en face. L'enfant qui court dans le sable, l'enfant qui crie, l'enfant qui rit, l'enfant qui mange son goûter en haut des marches pendant que j'enlève le sable coincé entre ses orteils, l'enfant qui demande une troisième crêpe au nutella avant de reprendre le chemin creux, la vue au-delà des têtes blondes, au-dessus des épis de blés, les maïs sont encore courts, chanter pour se donner du courage, ça monte au retour, et le soleil qui s'incline dans notre dos, éclairant le pignon de la façade.
le port, le même, toujours le même. le petit navire a définitivement fermé, plus aucun jeune n'y laissera des souvenirs de nuits dont il ne se souvient plus. La crêperie est devenue une résidence pour personne âgées. La conserverie est un projet de promoteur immoblier. Il y a des navettes pour aller à l'île en face maintenant. Le café de la rive droite est fermé, l'étage est devenu un atelier de peintre, on aperçoit le chevalet et une grande verrirèe qui donne sur le jardin, entre la porte entrouverte, une poussette et des bottes en caoutchouc attendent leur heure, celle de la promenade. La coopérative maritime est encore là, les étagères pleines d'antifoil côtoient les suspensions de rapalas. Sur la rive gauche, les cafés sortent les terrasses pour les touristes, il n'y a plus autantd e pêcheurs piliers de comptoir, et la vue est si belle.
à l'ouest, rien de nouveau.
21:33 Publié dans le banal au quotidien | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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