06.07.2009
la petite route
Le gamin dormait à l'arrière, l'autre s'agitait dans mon ventre.
Le ralentissement, ici, maintenant, était tout à fait étonnant.
Nous avons hésité trente secondes, il y avait ce croisement, là, où nous avons laissé passer deux véhicules. l'estaffette devant nous a tourné à droite, j'ai proposé de la suivre, plutôt que d'être un autre pion de la cohorte immobile dans le virage qui menait au rond-point. L'enfant dormait, on pouvait rouler, on avait le temps. Il a tourné. L'estaffette a pris un chemin de terre plus loin sur la droite, j'ai enjoint de poursuivre la route goudronnée, tout droit, enfin, en suivant ses sinuosités. bonne pioche ! nous avions dépassé le rond-point, un flic sur la nouvelle intersection où nous arrivions, un gros mobile home blanc en train de manoeuvrer, une file de voitures à l'arrêt... sur plusieurs dizaines de kilomètres, nous avons remonté les véhicules stationnés, l'orage avait éclaté plus loin, il faisait encore lourd. Nous sommes arrivés à bon port. Longtemps, depuis la terrasse, nous avons entendu les sirènes de voitures bleues. Un accident ? je ne pensais pas, pas de pompiers. que du bleu et du blanc. Celui qui devait nous rejoindre pour le diner a appelé. La route était coupée, les forces de l'ordre faisaient faire demi-tour à tous. Il viendra demain.
Dans le journal ce matin, l'explication. Un agriculteur voyant son champ envahi par les gens du voyage a bloqué les accès avec ses collègues. Les flics sont donc intervenus, pour libérer la route, pour empêcher le grabuge, les poussées de sang qui en font venir aux mains. Les gens du voyage sont repartis sur la route. L'année passée, le gars de la station de lavage en libre service racontait que les gendarmes étaient venus à sa demande, constater que les manouches installés sur le rond-point s'étaient greffés sur son compteur électrique et sur l'arrivée d'eau, des tuyaux traversaient le rond-point, les voitures roulaient dessus. Les flics n'avaient rien fait, rien dit, ils avaient laissé cet homme avec son eau et son électricité qui partaient de l'autre côté du rond-point, et sa facture qui ne manquerait pas d'arriver et qu'il faudrait payer, sans que personne n'ose faire quoique ce soit. Sur le rond-point, le linge séchait sur les fils tendus entre les caravannes.
15:12 Publié dans le banal au quotidien | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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