02.11.2009

yoga

J'arrive en retard, comme d'hab. La prof note à voix haute "bébé est toujours là", je souris et lance "la médecine se trompe parfois !"

Je sers de cobaye pour setubanda (euh, ne me demandez pas si c'est le vrai nom et l'orthographe et tout et tout, je n'en sais rien) j'accepte. Et me voila en train de faire le pont, le ventre en haut, les autres ont vu les pieds pointer sur le flanc, ils ont trouvé ça très beau, je repense à ma fierté d'avoir fait un semi-poirier (les jambes à l'équerre contre le mur) à 8 mois, et l'oiseau (jambes soutenues par les bras, genoux sur coudes repliés, les fesses et les pieds en l'air) à 8 mois et demi passés. Par contre, rien à faire, le pigeon, je n'y arrive pas. Le shanches, la boxe ou le pigeon ne les assoupliront pas.

Malgré toutes ces acrobaties, l'enfant en moi tient à y rester visiblement, j'ai des angoisses qui commencent à affluer, la prise en charge et le suivi médical, les monitorings, l'échographie prévue, j'ai une trouille énorme, celle d'être contrainte de déclencher l'accouchement avec une bonne dose d'ocytocine. Cela me file des frissons d'horreur, je ne veut pas souffrir, je ne veux pas de ça, je veux juste du naturel, du physiologique, comme pour la première fois, je veux me baigner et attendre la dilatation et l'afflux des contractions, je veux ne plus pouvoir marcher qu'écartelée, je veux sentir et ressentir le flux, et attraper l'enfant gluant, et le déposer sur mon ventre, je ne veux pas de perfusion, je ne veux pas d'aiguille entre mes vertèbres, je ne souhaite pas tout ça, s'il te plait, s'il te plait, débrouille-toi pour sortir avant que d'autres ne t'y contraignent. Ils ont les moyens, tu sais, et pareil, tu auras la lumière flash dans les yeux pour ta venue au monde, évite, crois-en ta mère, tu dervais déjà l'écouter et ne pas en faire (déjà) qu'à ta tête. Je crois que ce bébé me ressemble beaucoup (retard, entêtement...).

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